Il y a plus de 60 commandes intégrées dans Claude Code. En formation, j’observe des développeurs confirmés qui en utilisent quatre. Parfois trois. Et qui s’étonnent ensuite que l’outil « perde le fil » au bout de quarante minutes.
TL;DR
Claude Code embarque plus de 60 commandes slash natives, réparties en une dizaine de familles : contexte, modèle et coût, pilotage du travail, qualité, configuration, connexions, diagnostic. La majorité des utilisateurs se limite à /clear et /model, ce qui revient à acheter une voiture pour s’en servir comme d’un porte-gobelet. Trois choses à retenir : (1) les commandes de contexte (/compact, /context, /rewind) sont celles qui font la différence sur les sessions longues ; (2) la disponibilité de chaque commande dépend de votre version, de votre offre et de votre plateforme — tapez / pour voir ce que votre installation expose réellement ; (3) les « raccourcis-prompts » que vous croisez sur LinkedIn (/eli5, /tldr, /avocatdudiable) ne sont pas des commandes natives : ce sont des Skills que vous devez créer vous-même. Bonne nouvelle, c’est aussi là que se trouve le vrai gain de productivité.
Pourquoi votre session Claude Code s’effondre au bout de 45 minutes
Le scénario est toujours le même. Début de session : Claude Code est brillant, comprend l’architecture, propose des refactorings pertinents. Une heure plus tard, il réintroduit un bug qu’il a corrigé lui-même vingt minutes plus tôt, oublie une convention de nommage, et vous commencez à écrire des choses comme « NON, je t’ai DÉJÀ dit que » en majuscules dans un terminal.
Ce n’est pas une dégradation du modèle. C’est une saturation de la fenêtre de contexte que personne n’a surveillée. Et il existe une commande, exactement une, pour la voir venir : /context. Elle affiche ce que votre session consomme réellement. La plupart des utilisateurs découvrent son existence après leur troisième session ratée.
C’est tout l’objet de ce mémo : sortir des quatre commandes réflexes pour aller chercher les vingt qui changent réellement la façon dont vous travaillez.
Officiel, incertain, inventé : les trois niveaux de fiabilité qu’il faut distinguer
Avant la liste, une précaution méthodologique qui vous évitera de perdre une demi-heure à taper des commandes qui n’existent pas. Les listes de commandes Claude Code qui circulent en ligne mélangent allègrement trois catégories très différentes.
| Niveau | Ce que c’est | Ce que ça implique |
|---|---|---|
| ✅ Officiel | Commande native documentée par Anthropic | Fonctionne — sous réserve de votre version et de votre offre |
| 🟡 À vérifier | Repérée dans des docs tierces, des changelogs ou des builds spécifiques | Peut exister, avoir été renommée, ou n’avoir jamais quitté une bêta |
| 💡 Raccourci-prompt | Un prompt que vous transformez vous-même en commande | N’existe que si vous le créez. Zéro magie, beaucoup de valeur |
La règle de survie tient en un caractère : tapez / dans votre terminal. L’autocomplétion vous montre ce que votre installation expose, ici et maintenant. Aucun article de blog — celui-ci compris — ne remplacera cette vérification de trois secondes.
Le socle vital : les commandes de contexte et de conversation
Si vous ne deviez retenir qu’une famille, ce serait celle-ci. C’est elle qui gouverne la qualité de tout le reste.
| Commande | Fonction |
|---|---|
/clear | Repart d’une conversation vierge |
/compact | Résume la conversation pour libérer du contexte |
/context | Affiche le contexte consommé |
/rewind | Revient en arrière dans la session |
/resume | Reprend une conversation antérieure |
/branch · /fork | Bifurque sans détruire la conversation d’origine |
/btw | Pose une question hors historique |
/rename · /export | Nomme et exporte la session |
/clear ou /compact : le faux dilemme qui coûte cher
La confusion est quasi systématique. /clear vide tout : vous repartez de zéro, contexte propre, aucun souvenir. /compact conserve la substance en éliminant le bavardage. Ce ne sont pas deux dosages de la même chose, ce sont deux gestes opposés.
La règle pratique : /compact quand vous continuez la même tâche et que le contexte s’alourdit. /clear quand vous changez de sujet. Utiliser /clear au milieu d’un refactoring, c’est demander à un collègue de recommencer votre onboarding toutes les vingt minutes.
/rewind et /branch : le filet de sécurité que personne ne déploie
Ces deux-là sont sous-utilisées de façon presque comique. /rewind annule une trajectoire qui part de travers — plutôt que d’empiler trois messages de rattrapage qui polluent le contexte pour le restant de la session. /branch et /fork permettent d’explorer une approche alternative en conservant l’originale intacte : vous basculez dans une copie de la conversation à un point donné, et vous revenez à la version d’origine avec /resume.
Autrement dit : Git, mais pour votre conversation. Le fait que ce soit une révélation pour la plupart des participants en dit long sur l’écart entre les capacités de l’outil et son usage réel.
Modèle, effort et facture : arrêter de payer du raisonnement pour renommer une variable
Cinq commandes, un principe : /model, /effort, /fast, /usage, /upgrade.
Le principe, c’est le coût par tâche. Faire tourner un modèle haut de gamme en mode raisonnement maximal pour ajouter un log, c’est un choix. Un choix onéreux, mais un choix. /effort ajuste la profondeur de raisonnement, /fast privilégie la réactivité, /usage vous confronte à la réalité de votre consommation.
C’est le réflexe que je passe le plus de temps à installer en formation, et de loin le plus rentable : la question pertinente n’est jamais « quel est le meilleur modèle ? » mais « quel est le modèle suffisant pour cette tâche ? ». La différence entre les deux questions se lit directement sur la facture de fin de mois.
Piloter le travail : le moment où Claude Code cesse d’être un chatbot
Voici la famille qui sépare l’usage conversationnel de l’usage agentique. Et c’est aussi celle que les utilisateurs découvrent le plus tard.
| Commande | Fonction |
|---|---|
/plan | Réfléchir avant d’agir |
/goal | Fixer un objectif de session |
/batch | Exécuter plusieurs tâches |
/background | Lancer un agent en arrière-plan |
/tasks · /loop | Suivre les tâches, répéter une action |
/workflows · /agents | Gérer workflows et sous-agents |
/plan mérite un traitement à part. C’est la commande qui empêche l’agent de se jeter sur le clavier avec l’enthousiasme d’un stagiaire du premier jour. Elle produit un plan que vous validez avant exécution. Sur une tâche à plus de trois fichiers, le temps investi à lire le plan est systématiquement inférieur au temps passé à réparer une exécution non planifiée.
/batch, /background et /agents ouvrent la porte au parallélisme. Attention toutefois : la capacité à lancer cinq agents simultanés ne crée pas la capacité à relire cinq sorties simultanées. Le goulot d’étranglement se déplace vers vous. C’est un progrès, pas une disparition du travail.
Qualité et sécurité : le chapitre que tout le monde saute
/code-review, /review, /security-review, /simplify, /diff.
Une précision qui compte, et qui illustre parfaitement pourquoi les mémos figés vieillissent mal : la répartition des rôles entre /simplify et /code-review a changé en cours de route. Depuis la version 2.1.154, /simplify gère le nettoyage du code et /code-review assume la détection de bugs ; sur les versions antérieures, /simplify était l’équivalent de /code-review --fix.
Si votre équipe a documenté un workflow interne il y a six mois, il est probablement faux aujourd’hui. Ce n’est pas un défaut de l’outil, c’est le rythme du secteur. C’est aussi pourquoi une formation à l’IA qui se contente de distribuer une liste de commandes ne sert à rien : ce qu’il faut transmettre, c’est le réflexe de vérification.
/init : le fichier qui vaut cinquante commandes
La famille configuration est vaste — /init, /memory, /add-dir, /cd, /permissions, /hooks, /config, /skills, /reload-skills, /plugin, /keybindings — mais une seule mérite qu’on s’arrête.
/init génère votre fichier CLAUDE.md, c’est-à-dire le contexte permanent de votre projet : conventions, architecture, contraintes, choses à ne surtout pas toucher. Un CLAUDE.md bien tenu supprime environ 80 % des corrections répétitives que vous tapez chaque jour.
Le paradoxe est amusant : c’est le fichier le plus rentable de l’écosystème, et c’est celui que les équipes laissent en l’état après la génération initiale. Un CLAUDE.md qui n’a pas été relu depuis trois sprints décrit un projet qui n’existe plus.
/permissions et /hooks : là où se joue la gouvernance
Deux commandes que les DSI devraient regarder de très près. /permissions définit ce que l’agent a le droit de faire sans vous demander. /hooks déclenche des actions automatiques. Ensemble, elles constituent la couche de confiance de votre installation.
La question n’est pas technique, elle est organisationnelle : qui décide du périmètre d’autonomie de l’agent, et selon quelle procédure ? Dans la majorité des entreprises que j’accompagne, la réponse honnête est « le développeur, tout seul, un mardi après-midi ». Ce n’est pas tenable à l’échelle.
Le tiroir du bas : connexions, diagnostic, interface
Utiles, rarement urgentes, à connaître sans les mémoriser. Côté connexions : /mcp pour les serveurs MCP, /ide, /remote-control, /schedule, /install-github-app, /install-slack-app. Côté diagnostic : /help, /doctor, /debug, /status, /insights, /release-notes, /feedback. Côté interface et compte : /voice, /theme, /terminal-setup, /login, /sandbox, /privacy-settings, plus /setup-bedrock et /setup-vertex pour les déploiements cloud.
Deux réflexes à garder : /doctor avant d’ouvrir un ticket, /release-notes avant de jurer que « ça marchait la semaine dernière ». Dans les deux cas, vous économiserez une conversation embarrassante.
La zone grise : ces commandes qu’on voit passer sans jamais les voir fonctionner
Il circule une liste de commandes au statut incertain : /stop, /recap, /verify, /ultrareview, /ultraplan, /advisor, /statusline, /chrome, /teleport, /autofix-pr, /focus, et quelques autres dont l’existence relève davantage de la tradition orale que de la documentation.
Certaines existent bel et bien mais dépendent de votre configuration : /ultrareview, par exemple, est documentée comme indisponible sur les déploiements Bedrock, Vertex et Foundry. D’autres ont été renommées. D’autres encore n’ont jamais dépassé le stade du tweet d’un ingénieur enthousiaste.
Le réflexe DeepDive : ne construisez jamais un process d’équipe sur une commande que vous n’avez pas vue s’exécuter sur votre propre machine. La disponibilité varie selon la version, l’offre et la plateforme. Un / dans le terminal vaut mieux qu’un article de blog — y compris celui-ci.
Les raccourcis-prompts : la vraie valeur ajoutée, et une correction importante
Vous avez sans doute croisé des listes prometteuses : /eli5, /tldr, /avocatdudiable, /swot, /steelman, /humanise, /objection. Elles sont excellentes. Elles ne sont pas natives.
Ce sont des prompts que vous devez créer vous-même. Et ici, une correction s’impose par rapport à la plupart des mémos en circulation, qui recommandent encore de les glisser dans CLAUDE.md : les commandes personnalisées ont fusionné avec les Skills. Les fichiers placés dans .claude/commands/ continuent de fonctionner, mais l’approche recommandée aujourd’hui passe par .claude/skills/. Les deux produisent bien un raccourci /nom-de-commande — sauf que l’une est la voie officielle et l’autre le format historique.
Le détail paraît mineur. Il ne l’est pas : si vous industrialisez vos raccourcis pour une équipe de quinze personnes, autant partir sur le format qui sera encore maintenu dans dix-huit mois.
Les cinq raccourcis à installer aujourd’hui, pas la semaine prochaine
/tldr— résume en trois phrases. La commande qui rend les rapports lisibles./eli5— explique simplement. Redoutable pour vérifier que vous avez compris./tableau— met en tableau comparatif. Transforme un pavé en décision./avocatdudiable— attaque votre raisonnement. Le meilleur antidote à la complaisance des modèles./markdown— reformate proprement. Ennuyeux, indispensable.
Une mention spéciale pour /avocatdudiable. Les modèles de langage sont structurellement conciliants : ils valident volontiers une mauvaise idée bien formulée. Disposer d’un raccourci qui force la contradiction est, à mon sens, le meilleur investissement d’une minute de configuration que vous puissiez faire.
Ce que trois ans de formation m’ont appris sur les listes de commandes
Je distribue rarement ce type de mémo en début de session. L’expérience est constante : une liste de soixante commandes produit chez le participant un sentiment de compétence immédiat et une mémorisation nulle.
Ce qui fonctionne, c’est l’inverse. On travaille sur un vrai projet, on attend que la session se dégrade, et c’est à ce moment précis — quand la frustration est concrète — qu’on introduit /context et /compact. La commande n’est plus une ligne dans un tableau, elle est la réponse à un problème vécu quinze secondes plus tôt. Le taux de rétention n’a rien à voir.
« Personne n’a jamais appris une commande en la lisant. On l’apprend le jour où son absence coûte une heure de travail. »
Gardez donc ce mémo. Mais gardez-le ouvert pendant que vous travaillez, pas avant. C’est la différence entre une documentation et une formation.
Le point de vue de DeepDive : la commande n’est pas la compétence
Récapitulons. Claude Code expose plus de soixante commandes natives organisées en familles cohérentes : contexte, modèle et coût, pilotage, qualité, configuration, connexions, diagnostic. Les commandes de contexte sont celles qui déterminent la qualité de vos sessions longues. Les commandes de modèle déterminent votre facture. /init et /permissions déterminent, respectivement, la pertinence et la sécurité de tout le reste. Et les raccourcis-prompts, qui n’existent que si vous les créez, sont paradoxalement là où se loge le gain de productivité le plus net.
Notre lecture, chez DeepDive, tient en une phrase : la maîtrise d’un outil agentique ne se mesure pas au nombre de commandes connues, mais à la justesse du moment où on les déclenche. Connaître /compact ne sert à rien. Savoir qu’il faut l’utiliser maintenant, avant que la session ne se dégrade, c’est une compétence. Et cette compétence-là, aucune liste ne la transmet — elle se construit en situation, sur des projets réels, avec des erreurs réelles.
C’est aussi pourquoi nous restons circonspects devant la promesse d’une productivité automatique. Ces commandes ne suppriment pas le jugement technique : elles le déplacent en amont, vers l’arbitrage. Quel modèle pour quelle tâche. Quel niveau d’autonomie pour quel type de code. Quand relire, quand faire confiance. L’agent exécute plus vite ; c’est vous qui décidez de quoi. Le goulot d’étranglement n’a pas disparu, il a changé d’adresse.
L’ouverture : et quand les commandes disparaîtront ?
Une question mérite d’être posée. Ces soixante commandes sont, au fond, l’aveu d’une interface encore immature : on compense l’imprécision du langage naturel par une syntaxe explicite. Or la trajectoire du secteur pointe vers des agents capables de décider seuls qu’il est temps de compacter, de planifier ou de bifurquer.
Le jour où /compact se déclenchera automatiquement au bon moment, aurons-nous gagné en confort ou perdu en contrôle ? La réponse dépendra entièrement de la qualité de l’arbitrage automatisé — et de notre capacité à l’auditer. C’est exactement le débat que nous ouvrons avec les responsables techniques que nous accompagnons : automatiser le geste, oui ; automatiser la décision, seulement si l’on sait encore expliquer pourquoi elle a été prise.
En attendant ce jour, tapez /. Et regardez ce que votre installation sait vraiment faire.
Passer de l’usage à la maîtrise
DeepDive accompagne dirigeants, RH et responsables formation dans l’appropriation réelle des outils d’IA — au-delà des listes de commandes. Formations, audits d’usage et accompagnement d’équipes sur deep-dive.fr.
Questions fréquentes sur les commandes Claude Code
Combien y a-t-il de commandes slash dans Claude Code ?
Plus de 60 commandes intégrées, auxquelles s’ajoutent 5 skills fournies par défaut. Le nombre réellement disponible dépend de votre version, de votre offre et de votre plateforme de déploiement.
Quelle différence entre /clear et /compact ?
/clear repart d’un contexte vide, sans mémoire de la conversation précédente. /compact conserve l’essentiel en supprimant le superflu. Le premier sert à changer de sujet, le second à poursuivre une tâche longue.
Comment créer sa propre commande Claude Code ?
Les commandes personnalisées passent désormais par les Skills : un fichier dans .claude/skills/ crée un raccourci /nom. Le format historique .claude/commands/ reste fonctionnel mais n’est plus l’approche recommandée.
Pourquoi une commande vue dans un tutoriel ne fonctionne-t-elle pas chez moi ?
Trois causes possibles : la commande a été renommée, elle n’est pas disponible sur votre offre ou votre plateforme (Bedrock, Vertex et Foundry excluent certaines fonctionnalités), ou votre version est antérieure à son introduction. Tapez / pour voir la liste réelle de votre installation.











