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TogglePatty, l’IA gentille qui vous surveille poliment, bienvenue dans le fast-food du futur
TL;DR — Burger King déploie « Patty », un assistant IA développé avec OpenAI, directement dans les oreillettes de ses employés. Il aide à préparer les commandes, mais aussi — et c’est là que ça devient intéressant — évalue en temps réel la politesse des interactions avec les clients. 500 restaurants en phase pilote, tous les États-Unis visés d’ici fin 2026. La vraie question n’est pas technique : c’est la fin du manager toxique ou le début de la surveillance algorithmique souriante ?
Le manager qui ne crie plus, il chuchote dans votre oreille
Pendant des décennies, le management en restauration rapide a eu une esthétique assez particulière : un type stressé derrière vous qui vous demande pourquoi la frite de la table 7 est froide. Burger King vient peut-être de tuer ce personnage. Ou de le remplacer par quelque chose de bien plus efficace — et bien plus difficile à ignorer.
Patty, c’est son nom, vit dans les oreillettes des employés. Elle connaît le nombre exact de tranches de bacon dans le Whopper Maple Bourbon BBQ, elle sait quand la machine à milkshake doit être nettoyée, et elle sait, surtout, si vous avez dit « bienvenue chez Burger King » avec le bon niveau d’enthousiasme ce matin.
Développé en partenariat avec OpenAI et intégré à la plateforme BK Assistant, Patty centralise les données du drive, des équipements de cuisine, des stocks et… des conversations humaines. Un couteau suisse numérique dont l’une des lames sert à mesurer votre convivialité.
Comment on apprend la politesse à une IA ? On lui montre des « s’il vous plaît »
Thibault Roux, directeur du numérique de Burger King, a expliqué à The Verge la mécanique derrière tout ça. L’entreprise a collecté des données auprès de franchisés et de clients pour définir ce que « être sympa » signifie concrètement. Le résultat : un modèle entraîné à détecter des marqueurs linguistiques précis — « bienvenue chez Burger King », « s’il vous plaît », « merci ».
Les managers peuvent ensuite demander à Patty comment leur restaurant se comporte sur la politesse. En temps réel. Sur l’ensemble des interactions.
André Gentit de DeepDive le formulait très bien en analysant ce type de déploiement : on ne parle plus de surveillance, on parle de coaching continu. La nuance est rhétorique, les implications sont réelles.
Ce qui change fondamentalement ici, c’est l’échelle et la granularité. Un manager humain peut surveiller deux ou trois interactions par heure. Patty, elle, ne rate rien. Et ne prend jamais de pause déjeuner.
« C’est un outil de formation », précise BK. L’histoire dira si on l’a cru.
Roux insiste sur le caractère formatif de l’outil. Et il n’a pas entièrement tort. Si Patty remplace le coup de gueule à chaud par une donnée froide et exploitable, c’est objectivement un progrès pour l’ambiance en cuisine. Le management par la terreur a un bilan documenté : turnover catastrophique, burn-out, et des frites effectivement moins bonnes.
Mais restons lucides. Un système qui écoute chaque interaction, la transcrit, l’analyse, la score et la remonte aux managers — c’est aussi, structurellement, un système de surveillance permanente. L’intention déclarée est la formation. Le dispositif technique, lui, ne fait pas la distinction.
La vraie question n’est pas « est-ce que Patty va rendre les employés plus polis ? » — elle va probablement le faire. La vraie question c’est : qu’est-ce qu’on fait de cette data à long terme ? Et qui y a accès ?
Le manager IA : ce que personne n’avait vu venir
Voilà l’angle que DeepDive suit depuis plusieurs mois sur l’évolution du travail : on pensait que l’IA allait d’abord supprimer les exécutants. La robotique allait envahir les cuisines, les bras mécaniques allaient retourner les steaks, et le cuisinier allait rejoindre la longue liste des métiers à réhabiliter dans les musées.
Ce n’est pas ce qui se passe. La robotique est lente, chère, capricieuse face aux variations du monde réel. En revanche, greffer une couche d’intelligence artificielle sur des humains existants — les équiper, les écouter, les coacher, les évaluer — ça, c’est déployable à grande échelle, maintenant, pour un coût marginal.
Le manager humain ne disparaît pas non plus, il se transforme : il devient l’interprète des rapports générés par l’IA. Il lit les scores de politesse du mardi matin comme il lisait autrefois les chiffres de vente. Sauf que là, les données remontent jusqu’à l’interaction individuelle, prénom par prénom.
500 restaurants en phase pilote. Objectif : tous les États-Unis d’ici fin 2026.
Côté technique, BK joue dans la cour des grands
Ce qui est moins anecdotique qu’il n’y paraît, c’est l’infrastructure derrière Patty. L’intégration au nouveau système de point de vente cloud permet des mises à jour en cascade : une rupture de stock détectée, et en moins de 15 minutes, tous les canaux de commande — bornes, drive, app — sont mis à jour automatiquement. C’est du management opérationnel en temps réel, et c’est franchement impressionnant sur le plan technique.
Ce que ça implique également, et DeepDive l’a déjà anticipé dans son analyse des architectures SaaS pour le retail, c’est qu’il faudra des plateformes data robustes pour stocker, consolider et exploiter tout ce flux. On ne parle plus de quelques métriques de vente. On parle de la granularité comportementale de dizaines de milliers d’employés, heure par heure.
Le vrai marché qui se dessine ici, ce n’est pas l’IA dans les oreillettes. C’est la couche SaaS qui va gérer tout ce que les oreillettes captent.
Conclusion — Le point de vue DeepDive
Patty n’est pas une anecdote technologique. C’est un signal fort sur la direction que prend le management en première ligne : moins de hiérarchie visible, plus de données silencieuses. Le manager toxique qui vous crie dessus a peut-être vécu — remplacé non pas par un manager bienveillant, mais par un algorithme qui vous rappelle doucement que vous n’avez pas dit « merci » à 14h23.
Est-ce que c’est mieux ? Probablement, oui, pour la santé psychologique immédiate des équipes. Est-ce que c’est moins intrusif ? Absolument pas.
Ce que Burger King expérimente aujourd’hui avec 500 restaurants, c’est le prototype d’un modèle qui va se généraliser bien au-delà de la restauration. La logistique, le commerce de détail, les call centers — partout où des humains interagissent avec d’autres humains dans un cadre professionnel, cette couche d’évaluation continue va chercher à s’installer.
L’ouverture que propose DeepDive : le vrai enjeu des prochaines années n’est pas de savoir si l’IA va remplacer les travailleurs. C’est de définir collectivement ce qu’on accepte qu’elle observe, mesure, et remonte à la hiérarchie. Parce que la technologie, elle, n’a pas d’opinion là-dessus. Et elle écoute déjà.
André Gentit Formateur & Consultant en Stratégie Web et IA générative
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