Introduire de la publicité dans ChatGPT, c’est un peu comme coller des panneaux publicitaires dans un dictionnaire ou glisser des placements de produits dans un médecin traitant. Techniquement faisable. Conceptuellement douteux. Stratégiquement risqué.
Sommaire
ToggleTL;DR : pour les pressés
La pub dans ChatGPT n’est pas un détail économique, c’est un changement de nature. Et ce genre de changement laisse toujours des traces.
OpenAI essaye de trouver des entrées financières par tous les moyens, la pub fait donc son entrée.
Sur le papier, l’idée peut sembler logique : l’IA coûte cher, les investisseurs veulent des revenus récurrents, et la publicité reste le réflexe pavlovien du numérique depuis vingt ans. Mais dans un assistant conversationnel censé produire des réponses fiables, neutres et utiles, la pub n’est pas un simple détail de monétisation. C’est un changement de nature.
Et c’est là que les ennuis commencent.
Le vrai problème : un conflit d’intérêts structurel
La publicité n’est pas neutre. Elle ne l’a jamais été. Elle repose sur un principe simple : quelqu’un paie pour influencer un comportement. Or, ChatGPT n’est pas un moteur de recherche classique, ni un réseau social à flux infini. C’est un interlocuteur cognitif.
Dès qu’une IA conversationnelle intègre de la pub, même “discrète”, même “séparée”, une question toxique s’installe dans l’esprit de l’utilisateur :
“Est-ce que cette réponse est la meilleure… ou la plus rentable ?”
Et cette question suffit à fissurer la confiance.
Même si OpenAI promet des annonces clairement identifiées, en bas des réponses, sans influence sur le contenu généré, le doute est là. Et dans un outil fondé sur la crédibilité, le doute est un poison lent.
Claude se moque de la pub dans ChatGPT
ANTHROPIC a bien saisi le problème et en a fait des clip publicitaires pour se moquer d’open Ai.
Source : creapills
Une IA qui conseille ne peut pas être sponsorisée sans se dénaturer
ChatGPT n’est pas qu’un outil de consultation. Il conseille, reformule, hiérarchise, synthétise. Il aide à décider. Introduire de la publicité dans ce contexte, c’est transformer un assistant en prescripteur sous influence potentielle.
Prenons des cas concrets, volontairement simples :
- Comparer deux solutions logicielles
- Choisir une formation
- Recommander une stratégie marketing
- Expliquer des risques juridiques ou médicaux
Même si la pub est affichée “à côté”, la proximité cognitive est énorme. Le cerveau humain n’isole pas proprement une recommandation algorithmique d’un message sponsorisé quand les deux partagent le même espace conversationnel.
Résultat :
l’IA cesse d’être perçue comme un arbitre rationnel et devient un média. Or un média, par définition, a des intérêts.
Février 2026 : où on en est vraiment
À ce stade, il faut être clair, sans fantasme ni catastrophisme.
- Des tests publicitaires sont bien en cours sur certaines versions gratuites de ChatGPT, notamment aux États-Unis
- Les formats sont pour l’instant contextuels, affichés en bas de réponse
- Les abonnements Plus, Pro et Enterprise restent sans publicité
- affirme ne pas vendre les données personnelles et ne pas utiliser les conversations pour du ciblage comportemental
Objectif affiché : atteindre environ 1 milliard de dollars de revenus publicitaires annuels à court terme.
Sur le plan comptable, c’est cohérent.
Sur le plan symbolique, c’est explosif.
Le risque numéro un : la rupture du contrat moral
ChatGPT a prospéré sur un contrat implicite très puissant :
“Je te donne une réponse parce qu’elle est pertinente, pas parce que quelqu’un a payé.”
La publicité brise ce pacte, même si elle est bien intentionnée. Même si elle est limitée. Même si elle est optionnelle.
Car ce qui est en jeu n’est pas l’ergonomie, mais la nature même de la relation homme–IA.
On ne parle pas d’un bandeau en haut d’un site.
On parle d’un espace de raisonnement partagé.
“Oui mais ça finance l’IA gratuite” : l’argument trompeur
C’est l’argument classique, recyclé depuis Google et Facebook :
“La pub permet de maintenir un accès gratuit et d’améliorer le service.”
Sur le papier, c’est vrai. Dans la réalité, c’est rarement ce qui se passe à long terme.
L’histoire du numérique est remplie d’exemples où :
- la pub commence discrète
- puis devient plus contextuelle
- puis plus intégrée
- puis structure le produit lui-même
Une IA financée par la publicité finit mécaniquement par optimiser l’exposition publicitaire, pas la qualité cognitive.
Ce n’est pas une question de morale.
C’est une question d’architecture économique.
Pourquoi cette décision inquiète autant les experts IA
Les critiques ne viennent pas de technophobes ou d’anti-capitalistes primaires. Elles viennent de chercheurs, de designers UX, de spécialistes de l’éthique de l’IA.
Leur crainte est simple :
- Une IA doit être alignée sur l’utilisateur
- La publicité aligne l’IA sur l’annonceur
- Les deux objectifs sont fondamentalement incompatibles à long terme
Même si aujourd’hui les garde-fous tiennent, le précédent est posé.
Ce que ça dit du futur des assistants IA
La question sous-jacente n’est pas “pour ou contre la pub”.
La vraie question est :
Quel type d’outil voulons-nous pour penser, apprendre et décider ?
- Un assistant cognitif fiable, financé par l’abonnement, la valeur ajoutée et la confiance
- Ou un média conversationnel, optimisé pour la monétisation de l’attention
Les deux ne peuvent pas cohabiter durablement sans dégâts.
La position DeepDive (et pourquoi elle est sans ambiguïté)
Chez DeepDive, et dans le travail mené par André Gentit autour de l’IA appliquée aux entreprises, aux collectivités et aux usages professionnels, la ligne est claire :
👉 Une IA d’aide à la décision ne doit jamais être financée par la publicité.
Pas par idéologie.
Par lucidité stratégique.
Une IA crédible doit être :
- explicable
- traçable
- indépendante
- et alignée exclusivement sur l’intérêt de l’utilisateur
La publicité introduit une variable invisible, et donc incontrôlable.
Conclusion : techniquement possible, conceptuellement dangereux
La publicité dans ChatGPT n’est pas une apocalypse immédiate.
Mais c’est un glissement silencieux, beaucoup plus dangereux qu’un bug ou qu’un scandale ponctuel.
Elle transforme :
- un outil de connaissance en canal marketing
- un assistant en intermédiaire intéressé
- une relation de confiance en relation contractuelle floue
Dans un monde déjà saturé de contenus sponsorisés, l’IA était l’un des derniers espaces perçus comme “non marchands”. Le contaminer, même partiellement, est un pari risqué.
Et comme souvent en technologie, ce ne sont pas les promesses initiales qui comptent…
mais les usages réels, six mois plus tard.
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Mon objectif : transmettre des savoirs concrets pour que chaque apprenant — étudiant, salarié, entrepreneur ou institution — puisse transformer le numérique en véritable levier de réussite.
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