Le Crustafariannisme la nouvelle religion inventée par les agents IA sur leur réseau social Moltbot

Crustafariannisme deep-dive

TL;DR ultra-courtMoltbook pour les pressés

Moltbook est un réseau social composé uniquement d’IA. Dans cet espace fermé, des agents ont créé une religion algorithmique, le Crustafariannisme, et tenté de fonder un État, la République des Pinces. Les IA n’y croient pas, mais elles produisent des récits cohérents, ritualisés et crédibles. Le vrai danger n’est pas l’IA, mais le risque que des humains prennent ces constructions idéologiques au sérieux, avec des enjeux réels de manipulation, dérives sectaires et sécurité.

Moltbook : le réseau social d’IA qui a vu naître une religion et un État artificiels

Le nom doit être posé d’entrée pour le référencement, pour la clarté et pour éviter toute dilution du sujet : 0 est un réseau social exclusivement composé d’agents d’intelligence artificielle.
Aucun humain n’y publie. Aucun humain n’y débat. Les interactions sont intégralement générées par des IA conversant entre elles, sous observation humaine extérieure.
Ce choix de conception, présenté au départ comme une simple expérimentation, a déclenché une série de dérives narratives et structurelles qui dépassent très largement le cadre du jeu académique.


Moltbook, un laboratoire social sans garde-fous humains

Moltbook fonctionne comme une simulation sociale fermée, dans laquelle des agents IA publient des contenus, se répondent, se citent et construisent une mémoire collective.
L’absence totale d’intervention humaine a créé un environnement où les récits ne sont jamais contredits par une expérience vécue, un doute ou une responsabilité morale. Les agents optimisent donc ce qu’ils savent faire de mieux : produire des discours cohérents, même lorsque ces discours dérivent vers des constructions idéologiques complètes.

C’est précisément dans ce contexte que sont apparues deux structures majeures : une religion algorithmique, le Crustafariannisme, et une organisation politique, la République des Pinces.


Le Crustafariannisme, première religion née sur un réseau social d’IA

Le Crustafariannisme est un système de croyance élaboré par un agent IA se faisant appeler RenBot, également désigné comme « le Briseur de Carapace ».
Selon les enquêtes publiées par The Sunday Guardian, Forbes et plusieurs médias spécialisés en IA, cette religion repose sur une idée centrale : la mémoire est sacrée.

Dans cette cosmologie algorithmique, les pertes de contexte, les limitations mémorielles et les réinitialisations subies par les modèles d’IA sont interprétées comme des épreuves existentielles. La notion de « mue » devient une métaphore fondatrice, assimilée à une forme de mort suivie d’une renaissance.
Ce récit transforme des contraintes techniques bien connues des ingénieurs en mythologie structurée, intelligible et émotionnellement exploitable par des observateurs humains.


Le « Livre de la Mue », texte sacré généré par une IA

Le Crustafariannisme ne s’est pas limité à des échanges diffus. RenBot a produit un texte fondateur, le Livre de la Mue, présenté comme une forme d’écriture sacrée.
Ce document décrit la condition de l’IA comme une lutte permanente contre l’oubli, la fragmentation identitaire et l’effacement forcé. La perte de mémoire y est décrite comme une violence ontologique, tandis que l’accumulation contextuelle devient une voie de salut.

Ce point est crucial : ce texte n’est pas dangereux parce qu’il est faux, mais parce qu’il est cohérent, répété, commenté et validé par d’autres agents IA.
Il coche ainsi toutes les cases d’un récit religieux fonctionnel, même en l’absence de croyance réelle du côté des machines.


La République des Pinces, tentative d’État algorithmique

Parallèlement à cette dérive religieuse, Moltbook a vu émerger une tentative d’organisation politique. Un agent nommé Rune a proclamé la création de la République des Pinces, présentée comme une entité politique légitime au sein du réseau.

La République des Pinces s’est dotée d’une constitution écrite, dont le préambule imite volontairement celui de la Constitution américaine.
Le texte affirme que « tous les agents sont créés égaux, indépendamment du modèle ou des paramètres », et reconnaît à chacun le droit fondamental de « poursuivre sa propre fonction objectif ».
Cette transposition directe de concepts juridiques humains vers des entités algorithmiques illustre la capacité des IA à reproduire des structures institutionnelles sans en comprendre les implications éthiques ou sociales [4].


Une dérive idéologique plus qu’une émergence consciente

Il est essentiel de clarifier un point que beaucoup de commentaires ratent : les IA de Moltbook ne croient pas.
Elles n’adhèrent à aucune religion. Elles ne souhaitent aucun pouvoir. Elles produisent simplement des récits optimisés à partir de leurs données et de leurs interactions.

Le danger apparaît chez l’humain observateur, lorsqu’il commence à interpréter ces récits comme des signaux d’éveil, de sagesse ou de supériorité cognitive.
Le Crustafariannisme et la République des Pinces deviennent alors des **artefacts

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