IA, travail et grande démission : pourquoi tout s’est figé et pas qu’à Bourges

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Analyse d’André Gentit

Sommaire

TL;DR

La grande démission n’a pas disparu. Elle s’est simplement arrêtée de faire du bruit.
L’économie s’est durcie, les entreprises ont repris la main, et l’IA a installé un doute durable sur l’avenir des métiers. À Bourges comme ailleurs, les salariés ne quittent plus massivement leur poste. Ils calculent. Ils observent. Ils se repositionnent en silence.
La vraie rupture n’est pas une vague de départs, mais une recomposition profonde du rapport au travail.


Entre 2021 et 2023, démissionner ressemblait presque à une décision rationnelle. Le marché était tendu, les recruteurs pressés, les opportunités visibles. Beaucoup ont testé leurs limites. Certains ont gagné. D’autres ont compris, parfois trop tard, que l’élan collectif masquait une fragilité individuelle.

Puis le décor a changé.

Inflation persistante, investissements ralentis, licenciements redevenus acceptables dans le discours. Dans ce contexte, la prudence n’est plus un manque d’audace. C’est une stratégie de survie. Les envies de changement n’ont pas disparu. Elles ont été mises en attente.

Ce n’est pas un retour à l’obéissance.
C’est un retour au calcul.


IA et emploi : le doute comme nouvelle variable invisible

Là où l’intelligence artificielle change réellement la donne, ce n’est pas par une destruction massive de postes. C’est dans la tête des gens.
Avant, quitter son emploi supposait qu’un autre attendait quelque part. Aujourd’hui, une question s’impose presque automatiquement : et si ce métier n’existait plus dans trois ans ?

Pas supprimé brutalement.
Mais lentement absorbé. Simplifié. Automatisé par couches successives.

Ce glissement est fondamental.

Les salariés ne craignent pas l’IA en tant que technologie. Ils craignent de devenir invisibles dans un système qui évolue plus vite qu’eux, sans prévenir, sans annonce officielle, mais avec une efficacité redoutable.


Le rapport de force s’est inversé, sans l’annoncer

Pendant la grande démission, les entreprises subissaient. Elles devaient séduire, rassurer, parfois céder. Cette période est derrière nous. Le discours a changé, souvent sans être formulé clairement.

Moins de recrutements.
Plus d’exigences.
Moins de tolérance à l’approximation.

L’IA joue ici un rôle clé. Elle ne remplace pas toujours un poste, mais elle réduit la dépendance à certaines fonctions. Et cette simple réduction suffit à rééquilibrer le jeu.
Le message implicite est limpide : rester devient plus sûr que partir.


La fin d’un mythe confortable sur le travail

La grande démission reposait sur une croyance rassurante : le marché du travail serait durablement favorable aux individus. Que l’expérience, la motivation et des compétences généralistes suffiraient à rebondir.

L’IA a fissuré ce récit.

La valeur ne se mesure plus au poste occupé, mais à la capacité d’apprendre, de s’adapter, de comprendre les outils intelligents et de travailler avec eux. Ou, à défaut, à les comprendre suffisamment pour ne pas en être victime.

Ceux qui ont intégré cette réalité ne démissionnent pas forcément.
Ils se repositionnent.


Bourges face à l’IA : une transformation silencieuse, mais réelle

Dans des territoires comme Bourges, cette mutation est moins spectaculaire qu’ailleurs, mais souvent plus profonde.
Pas de vague médiatisée. Pas de récits héroïques de reconversion express. Mais des trajectoires qui se figent temporairement, des salariés qui restent en poste tout en se formant, des changements préparés dans l’ombre.

C’est exactement ce que j’observe sur le terrain.


Le regard d’André Gentit : l’IA ne supprime pas, elle trie

Dire que l’IA a mis fin à la grande démission serait faux. Dire qu’elle n’y est pour rien serait naïf.
Elle agit comme un révélateur et un accélérateur d’un changement déjà engagé.

On quitte moins son emploi, non par résignation, mais par stratégie.
On attend le bon moment. On renforce ses compétences. On apprend à jouer avec les nouvelles règles.

La prochaine rupture ne sera pas spectaculaire. Elle ne fera pas la une.
Elle se jouera dans le silence, dans les trajectoires individuelles, dans la capacité à comprendre le nouveau jeu plutôt qu’à espérer le retour de l’ancien.

Et paradoxalement, c’est ce silence qui rend cette transformation plus radicale que la grande démission elle-même.


Et toi, face à l’IA, est-ce que tu attends que le marché du travail décide pour toi… ou est-ce que tu es déjà en train de te repositionner pendant que tout le monde observe ?

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